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La Défense sur le site de l’ancienne Protection civile ? « La Province y développe un pôle de formation multidisciplinaire »

L’annonce par voie de presse d’un possible accueil de plusieurs centaines de militaires et d’un matériel lourd de la Défense sur le site de l’ancienne Protection civile a surpris tout le monde… à commencer par l’Institution qui l’occupe : la Province de Hainaut.

C’est en exprimant son grand étonnement que le Député provincial Pascal Lafosse a donc répondu à la Conseillère Mélanie Ouali.

« Cette annonce intervient sans concertation préalable avec la Province », lui a confirmé le Député. Or, depuis plusieurs années, le Hainaut développe sur ce site un véritable pôle de formation et d’entraînement multidisciplinaire destiné aux services de police et de sécurité.

Ce projet s’est développé au départ d’une mise à disposition décidée par le Conseil des Ministres lui-même et traduite dans un arrêté royal en octobre 2020. La Province y dispose depuis lors d’une pleine jouissance des infrastructures pour mener sa mission d’utilité publique de formation et combler ainsi le manque de locaux ressenti sur le site jurbisien de Hainaut Formation (Académie de police et Ecole du feu). « Chaque jour plus de 160 apprenants, dont des policiers fédéraux, fréquentent ces lieux », précise Pascal Lafosse. « Ils sont plus de 500 à certaines périodes de l’année à profiter des espaces didactiques et d’entraînement, des classes, d’une armurerie sécurisée et des bureaux aménagés par la Province ».

Alors, demain ? « La présence de la Défense pourrait, sur le principe, constituer une plus-value et ouvrir la voie à des coopérations utiles », estime-t-on au Collège provincial. « Mais nous souhaitons des clarifications : savoir ce qui a réellement été décidé, sur quelle base, dans quel calendrier, et avec quelles conséquences concrètes pour les occupants actuels du site ». On sait par exemple que le développement d’un stand de tir sur le site de Ghlin est considéré comme indispensable pour garantir la pérennité et la qualité des formations policières en Hainaut.

Le Collège provincial interpellera le Ministre de la Défense sur les réelles intentions du Fédéral. Le site de Ghlin ne s’étend que sur 7 hectares, il est fortement boisé et situé à faible distance des habitations : est-il dès lors adapté pour accueillir des systèmes de défense lourds ?

Formations policières :
« la Province ne peut compenser seule le désengagement du fédéral »

La hausse des tarifs des formations continuées et fonctionnelles des policiers inquiète les zones de police et les bourgmestres. Cette préoccupation a été relayée par le Conseiller Provincial Damien Genart, par ailleurs Bourgmestre de Quaregnon. « Cette adaptation n’est pas un choix politique posé de gaieté de cœur par la Province », a tenu à préciser le Député Pascal Lafosse. « C’est une décision rendue nécessaire par la diminution progressive, puis structurelle des subsides fédéraux alloués aux écoles de police. D’autres filières de sécurité, notamment les écoles du feu subissent elles aussi l’érosion du soutien fédéral ». Autre constat posé à l’Académie provinciale de police : ces diminutions de subsides interviennent souvent alors que les formations ont déjà été organisées et que les dépenses ont été engagées.

En conséquence, le Collège a dû se résoudre à adapter ses tarifs, surtout pour les formations les plus lourdes en logistique, en matériel et en expertises. Objectif : maintenir le niveau de qualité sans trop pénaliser les zones de police. Il est clair que la hausse des tarifs, en raison du désengagement fédéral, oblige les zones à « prioriser ou reporter certaines inscriptions ». D’où cet appel à ce que l’échelon supérieur assume ses responsabilités car « la Province ne peut pas, à elle seule, compense durablement le retrait de financements fédéraux sur des missions relevant d’un enjeu aussi fondamental que la sécurité publique ».   

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