Un collègue a reçu plusieurs e-mails envoyés au nom du Directeur général provincial, lui demandant de régler une facture. Adresse douteuse, ton bien trop familier, facture à la mise en page bancale : il a flairé le piège et l’a signalé, bien joué et merci !
Profitons-en pour rappeler comment fonctionne cette arnaque et comment ne pas tomber dans le panneau.
Une arnaque bien rodée
Cette technique a un nom : la « fraude au CEO », ou fraude au président. L’escroc usurpe l’identité d’un dirigeant et demande au service comptable un paiement urgent, souvent confidentiel. Ce type d’arnaque revient volontiers à l’approche des congés et des longs week-ends, quand l’attention baisse.
Le terrain est préparé à l’avance. Les noms et fonctions de nos responsables sont publics, et l’escroc cherche à savoir qui traite les paiements et comment. La même ficelle sert aussi à annoncer un faux « changement de coordonnées bancaires » d’un fournisseur.
Surtout, la mise en scène ne prouve rien. Le nom affiché comme expéditeur n’est qu’une étiquette, que n’importe qui peut modifier. Un escroc peut même faire apparaître un responsable en destinataire ou en copie, sans que celui-ci reçoive jamais le message.
Les bons réflexes
Regardez l’adresse, pas le nom. Cliquez sur le nom de l’expéditeur pour afficher son adresse réelle. Une adresse de messagerie gratuite (@gmail.com, @outlook.com…) ou un domaine qui imite le nôtre doit vous alerter. Une adresse correcte ne suffit pas pour autant, car une boîte peut avoir été piratée.
Méfiez-vous de l’urgence et du secret. « C’est urgent », « je compte sur ta discrétion », « je ne suis pas joignable » : ces formules servent à vous empêcher de vérifier. Un ton inhabituel, trop familier ou trop pressant, est aussi un signal d’alerte.
Vérifiez par un autre canal. Ne répondez pas à l’e-mail. Appelez la personne ou son secrétariat à un numéro que vous connaissez, celui de l’annuaire interne par exemple, jamais celui indiqué dans le message. Même une voix au téléphone peut aujourd’hui être imitée par l’IA : c’est donc vous qui rappelez.
Respectez la procédure, toujours. Une facture se paie par le circuit habituel, jamais sur simple demande par e-mail. Personne à la Province, Directeur général compris, ne vous demandera de contourner ce circuit, et personne ne vous reprochera d’avoir vérifié.
Signalez, puis supprimez. Ne cliquez sur aucun lien et n’ouvrez pas les pièces jointes.
Adressez-vous directement au Helpdesk DGSI au 065/ 76 78 50 (Option 1) ou par email helpdesk.dgsi@hainaut.be.
Dans le doute, une seule règle : Prendre le temps, on s’arrête, on vérifie, on signale. Un signalement de trop ne coûte rien, un virement de trop peut coûter très cher.
Pour en savoir plus : la brochure de Febelfin La fraude aux paiements et les entreprises (édition 2026) et les conseils de Safeonweb, le site du Centre pour la Cybersécurité Belgique concernant le phishing.
Olivier Beerens
Le Conseiller en Sécurité de l’Information – CyberGOV Hainaut
