Le Conseil provincial du Hainaut a pris acte, le 21 avril 2026, des positions exprimées dans le cadre de la réflexion en cours sur l’avenir des provinces. C’est une réponse au processus de consultation lancé par le Gouvernement wallon autour de l’évolution des compétences provinciales. Il est important de souligner qu’à ce stade, aucune décision concrète n’a été prise concernant l’organisation immédiate de notre travail ou l’avenir des services. Dans votre quotidien, au 1er mai, rien ne change.
Pourquoi (re)parle-t-on aujourd’hui de l’avenir des provinces ?
La réflexion actuelle trouve son origine dans la Déclaration de politique régionale wallonne du 11 juillet 2024 qui prévoit d’examiner les missions exercées par les provinces afin de déterminer si certaines pourraient être transférées à d’autres niveaux de pouvoir. Elle mentionne également l’idée que les missions restantes seraient gérées autrement à l’avenir. Dans ce cadre, chaque conseil provincial a été invité à formuler une position pour la mi-législature mais le calendrier a été bousculé le 18 décembre 2025 quand le ministre en charge des pouvoirs locaux a demandé aux provinces d’identifier pour ce 1er mai ce qui, selon elles, relève de missions indispensables à exercer à l’échelon provincial et ce qui pourrait éventuellement être transféré. Les communes ont également été consultées. Le Conseil provincial du Hainaut s’est donc inscrit dans cette démarche.
Ce que le Conseil provincial a fait
- Pour répondre à cette demande, le Collège provincial a laissé les différents groupes politiques de la majorité exprimer leur point de vue sur les transferts de compétences possibles. Cette méthode a fait apparaître des points d’accord mais également des divergences et un grand nombre de questions qui restent aujourd’hui sans réponse précise.
- Le Conseil provincial a ensuite pris acte de ces positions ainsi que de l’avis de légalité transmis par le Directeur général. Cette prise d’acte est une étape formelle dans un processus de réflexion. Elle ne constitue ni une décision de suppression, ni un plan arrêté, ni une modification immédiate des missions exercées par les agents et les services.
Ce qui fait consensus
- Malgré des sensibilités politiques différentes, plusieurs principes ont clairement été partagés. Tous insistent sur la nécessité de garantir la continuité du service au citoyen, en particulier pour les publics les plus fragiles. Tous rappellent également l’importance du respect de l’autonomie provinciale et de l’intérêt provincial, de la neutralité budgétaire et fiscale, ainsi que la résolution de toutes les incohérences juridiques qui se posent d’ores et déjà, et bien sûr la protection de l’emploi, des statuts et des droits du personnel.
Dans l’avis de légalité qu’il a soumis aux élus provinciaux, le Directeur général a rappelé qu’il fallait que « ces réformes respectent pleinement les principes de l’Etat de droit. Veiller à leur application constitue une responsabilité directe et fondamentale des élus. »
Ce qui reste en discussion
Des divergences existent entre formations politiques sur l’ampleur et la pertinence d’un éventuel transfert de compétences.
- MR/Engagés considèrent qu’un transfert généralisé pourrait être envisageable à terme, à condition qu’il soit rigoureusement encadré sur les plans légal, organisationnel et financier.
- Le PS estime au contraire que les missions actuelles de la Province répondent déjà pleinement à des besoins supracommunaux et que les objectifs de la réforme restent insuffisamment définis.
Pour cette raison, le Collège provincial a adressé au ministre une série de 42 questions portant notamment sur l’avenir de politiques sensibles, les modalités de gouvernance, les garanties financières, la poursuite d’engagements essentiels et la protection du personnel. Cela montre bien qu’à ce jour, de nombreuses zones d’ombre subsistent et que des clarifications sont attendues.
Les démarches du Directeur financier et du Directeur général
Face à l’importance de l’enjeu, nos deux responsables ont rédigé une note conjointe que le Directeur général a complétée par un avis de légalité. Nos deux grades légaux ont attiré l’attention du Collège et du Conseil provincial sur les incohérences juridiques et le positionnement supracommunal de la Province.
Le cœur de l’analyse, c’est la notion d’« intérêt provincial » : il justifie les compétences exercées par les provinces en fonction des besoins spécifiques de leur territoire.
Si les provinces étaient supprimées et remplacées par d’autres instances, quantité d’incertitudes se poseraient.
La note de légalité jointe du Directeur général met en exergue les nombreuses faiblesses juridiques du projet de réforme et l’engagement de la responsabilité pénale et civile des élus provinciaux. Le Directeur financier et le Directeur général considèrent que « la totalité des missions peuvent être considérées comme étant prioritaires et indispensables d’être exercées à l’échelle du territoire provincial » : ils se positionnent aux côtés de l’ensemble du personnel dont ils saluent la résilience.
Et pour nous, concrètement
A ce stade, rien ne change dans notre travail quotidien. La prise d’acte du 21 avril 2026 n’a pas d’effet direct sur l’organisation de nos services, sur nos missions, ni sur l’engagement de la Province auprès de la population, des associations et des communes.
Le projet provincial continue. Les besoins du terrain sont toujours là. Les attentes des citoyens, des partenaires et des pouvoirs locaux n’ont pas disparu. Dans ce contexte, les services continuent à assurer pleinement leurs missions, avec le même sens du service public, la même proximité et le même professionnalisme : c’est ce qui fait notre ADN.
Ces informations qui circulent par voie de presse suscitent des interrogations, des inquiétudes : c’est normal. Toute l’Administration est solidaire dans cette démarche : nos responsables l’ont rappelé au Conseil provincial. S’il y a réforme, elle doit être légale, respectueuse, concertée, utile pour le citoyen et sans perte d’emploi.
Dans la lettre qu’ils ont adressée aux conseillers provinciaux, les responsables d’institution ont en substance souligné que le personnel n’est pas une variable d’ajustement mais des personnes au service d’autres personnes. Ils insistent: nos missions ont du sens, elles répondent aux besoins de la population mais aussi des communes. Travailler dans la fonction publique consiste régulièrement à faire l’objet de remise en question ; travailler pour un niveau de pouvoir intermédiaire nous a habitués à être au centre d’incompréhensions permanentes. Nos missions sont utiles : elles rencontrent les attentes de notre territoire.
Aujourd’hui, nous n’avons pas plus d’informations : il ne faut pas tirer de conclusions prématurées sur notre avenir immédiat.
Le cap reste inchangé : poursuivre nos missions, rester aux côtés des citoyens, des communes et des associations, et continuer à faire vivre un service public utile, humain et de qualité. Chacun, dans ses fonctions, a un rôle important à jouer, et notre engagement quotidien demeure plus que jamais essentiel.
Comme l’a souligné notre Directeur général dans la note qu’il a adressée au Collège provincial : « C’est au personnel provincial et celui de nos ASBL que je pense et dont je fais pleinement partie. Ces hommes et ces femmes font la qualité des services rendus chaque jour aux Hainuyers. Aujourd’hui, (nos agents) méritent plus de considération, de respect et d’attention que des sorties médiatiques empreintes de préjugés ou des décisions symboliques ou dogmatiques. »
