Les responsables d’institutions ont cosigné un courrier qu’ils ont adressé aux élus provinciaux, ce matin.
« La richesse de l’Institution provinciale, c’est son personnel ! Cette phrase résonne plus encore dans la situation que nous vivons : une somme de talents, de compétences pointues, de savoir-faire ; des agents de tous âges, venant des quatre coins du Hainaut qui se sont engagés. Parce que choisir de travailler dans le service public témoigne d’un véritable engagement.
Aujourd’hui, malmené comme la plupart des fonctionnaires publics, le personnel provincial ne se sacrifie pas seulement pour financer les zones de secours, il semble compter pour quantité négligeable, être tout au plus une variable d’ajustement : des agents interchangeables qui compléteraient une équipe ici, serviraient de bouche-trou dans les autres niveaux de pouvoir ; des agents que, côté face, on rassure sur leur emploi mais qui, côté pile, subissent au quotidien les assauts de la désinformation, du mépris et de l’ignorance organisée. Jusqu’à ne plus savoir que croire, qui croire.
Pourtant, à travailler au quotidien avec nos équipes, nous savons la hauteur de leur dévouement, nous connaissons leur expertise, nous mesurons leur résilience face aux coups permanents. Ils savent que les gestes qu’ils posent chaque jour sont importants : importants dans la vie des citoyens, dans le quotidien des communes du Hainaut. Leur travail est essentiel : il suffit de voir celui qu’accomplissent les équipes de l’action sociale auprès des personnes en situation de handicap. Mais nos agents sont là pour chacun et, aujourd’hui, ils se sentent impuissants et profondément en colère.
Nous ne renoncerons pas : les citoyens ont besoin de nous.
Nous en sommes tellement convaincus que, depuis des années, nous acceptons les nombreux plans de restructuration, le cortège de mesures linéaires, ciblées, ponctuelles ou permanentes. Nous croyons à la pertinence et la justesse du projet provincial et nous avons l’espoir que ceux qui en sont responsables constateront notre bonne volonté et notre motivation.
Les agents provinciaux sont las des préjugés destructeurs, des attitudes méprisantes, de la méconnaissance volontaire et commode de leurs métiers.
Ils s’inquiètent devant des orientations qualifiées de « réformes » mais dont les fondements juridiques – mis en évidence par nos grades légaux (Directeur général et Directeur financier) sont incertains. Ils craignent une atteinte aux valeurs de la fonction publique et le recul annoncé du processus démocratique. Un territoire géré par une assemblée de bourgmestres, sans élection, ne peut être l’expression équilibrée d’attentes citoyennes.
Ils attendent de leur Collège et leur Conseil qu’ils se saisissent de l’opportunité de défendre leur travail et le service qu’ils rendent au quotidien aux habitants du territoire.
La Province doit évoluer, s’inscrire dans un soutien aux communes. Elle le fait déjà chaque jour, par exemple, en luttant contre les inondations, en soutenant les actions de proximité pour promouvoir la santé, l’agriculture et l’économie locale, rendre la culture accessible à toutes et tous, en travaillant aux côtés des villes et communes notamment pour organiser la sécurité des citoyens, en proposant un enseignement proche qui répond aux besoins de la population et des entreprises… Ce sont autant de besoins supracommunaux qu’une réforme radicale et irréfléchie mettrait à mal.
Les expériences menées chez nos voisins européens l’ont montré : un niveau de pouvoir intermédiaire et démocratique est essentiel. Puissent nos élus en tenir compte et engager un processus de réforme du paysage institutionnel (Région, Communauté, intercommunales…) qui ne stigmatise pas les Provinces mais les inclut dans une réflexion globale dont le citoyen serait le bénéficiaire direct et unique.
A l’heure des choix politiques, nous en appelons au sens du devoir de chaque élu. Trop d’incertitudes juridiques demeurent sans réponse et posent la question de votre responsabilité. La base légale du financement des zones de secours, par exemple, fait débat. Le risque d’une atteinte à l’autonomie provinciale consacrée dans notre Constitution est légitimement soulevé : une institution démocratique ne peut décemment éluder pareilles questions.
Alors réformer, oui. Mais dans le respect de la légalité et sans étouffer financièrement l’Institution par des contraintes extérieures. Transférer des compétences ? Peut-être mais avec l’assurance qu’elles seront poursuivies demain dans un réel esprit de service public et en accordant à nos agents l’opportunité de choix libres et consentis.
Nous vous invitons à ne pas confondre vitesse et précipitation dès lors que nous parlons de services en faveur du territoire hainuyer auquel nous sommes viscéralement attachés ! »

Béatrice AGOSTI, Hainaut-Culture
Helen BARTHE-BATSALLE, Observatoire de la Santé
Catherine BERGER, Fédération du Tourisme
Nathalie BRASSART, Stratégie et Supracommunalité
Frédérique CHASSE, Direction générale provinciale
Fabrice COLIANNI, Enseignement provincial du Centre
Vincent DEGHILAGE, Enseignement provincial Mons-Borinage
Bérangère DELBECQ, Services agricoles
Joël DELHAYE, Communication
Sophie DURIEUX, Ressources humaines
Stéphanie DURY, Hainaut-Développement
Pascaline GODEFROID, Audit Interne
Laurent HOUDEZ, Prévention et Protection au Travail
Henri LANCELLOTTI, Enseignement provincial Charleroi
Gaetan LEONETTI, Services informatiques
Axelle LEROY, Haute Ecole Hainaut-Condorcet
Pascale MARLIERE, Hainaut Gestion du Patrimoine
Laurent PATERNOSTRE, Hainaut-Analyse
France PEPIN, Action sociale
Francis PERSONNE, Hainaut Ingénierie Technique
Nathalie QUEVY, Inspection des Finances
Hubert REMY, Hainaut Enseignement
Vincent SIMON, Hainaut Formation
Alicia VANDENABEELE, Enseignement provincial Wallonie-Picarde.
